L’arbre du silence

L'arbre du silence« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti, frissonner l’arbre du silence. C’était après un orage, dans cette odeur de terre et de pierres mouillées qui réveille si bien en nous un écho oublié, venu du fond des âges . Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression ( la conviction ? ) qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes tous issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »
Christian Signol ( Ils rêvaient des dimanches )

On ne nous a jamais appris à être heureux !

Cela peut paraître stupide, mais, quelle découverte lorsque l’on s’aperçoit que l’on ne détient pas le « mode d’emploi » du bonheur. Ce cher bonheur que l’on recherche avec frénésie toute notre vie. Que cela soit seul ou en compagnie, le fait d’être heureux, bien avec soi ou de le partager avec l’autre, fait partie des moments privilégiés de notre existence.

C’est ainsi que la part de nous-mêmes cherche qui ou quoi pourrait égayer une journée sans soleil ou sans présence à ses côtés.

Cette quête peut durer toute une vie, ou s’exprimer de temps à autres, lorsque le vide intérieur a besoin de se nourrir d’autre chose que de vacuité, de rêves, de sentiments abstraits. Mais, si rien ne vient emplir ce gouffre, l’être se sent démuni et parfois même en manque.

Notre société a bien compris ce challenge du bonheur et en a profité pour nous nous nourrir à grands renforts de publicités qui racontent que, si nous avons tel objet, telle voiture, tel parfum, telle marque… nous serons comblés à jamais. D’autres, plus insidieuses, nous démontrent que de se nourrir de certains aliments nous redonnera ce punch, cette énergie, cette vigueur si importante dans notre société actuelle, faite de compétition. Ou, son contraire, qu’il ne faut s’alimenter que de produits non pollués, ou encore n’en consommer que quelques-uns en particulier, pour toutes les raisons que tentent de justifier leurs partisans.

Mais, le plus dramatique, c’est qu’on nous vend du vent. Celui-ci tentant de s’engouffrer dans nos manques, nos besoins compulsifs, nos matins chagrins, nos soirées solitudes…

Toutefois, certains d’entre nous savent reconnaitre les petits pièges de cette société qui consomme, et s’en remettre à ce que raconte le corps, à ce que ressent l’esprit, à ce que veut l’être. Sans l’opinion, des autres ou leurs recettes miracles.

Par bonheur, cette forme de « remplissage » a été supplantée par l’arrivée de la spiritualité. Celle-ci a allégé nos vies, fait rire nos rêves, charmé nos conceptions du bonheur, joué avec notre intellect et laissé éclore un monde où tout pouvait être simple et doux. Si peu que l’on se laisse porter par des idées d’élévations, de bonheurs intenses, de joies communes.

Puis, les temps ont passé et nous pouvons nous apercevoir que le même phénomène se crée de nouveau. La boulimie est réapparue mais sous d’autres formes, et les manques aussi.

Par exemple, imaginez-vous le nombre de « messages » qui circulent sur la toile ou ailleurs, en ce moment ? Pouvez-vous compter tout ce que vous avez déjà lu ?

Le plus consternant est peut être que tout et son contraire y soit présent. Et que celui qui cherche une voie qui lui convient risque d’être confronté à de multiples chemins qui s’entremêlent, se ressemblent ou se contredisent totalement. Mais, comment y échapper quand cela devient comme une nouvelle friandise à absorber sans modération ? Pour autant, n’avez-vous pas souvent lu de faire preuve d’un grand discernement ?

Que pensez-vous de la nécessité de vous purifier ? Ce que vous êtes est-il souillé ? Comment concevez-vous que vous deviez faire une grande quantité d’exercices en tout genre pour devenir quelqu’un d’autre ? Alors que vous êtes venus au monde, parfaits. Pouvez-vous imaginer que votre conscience crée des malades en surnombre pour combler tous les thérapeutes qui s’investissent à prodiguer des soins pour les autres ? La vie est équilibre. Elle cherche donc à combler les souhaits de chacun. Y avez-vous songé ? Enfin, quoi penser de toutes les méthodes nouvelles et souvent très onéreuses, qui fleurissent de plus en plus ?

Ceci est aussi valable lorsque l’on vous propose des dates particulières. Celles où il va se dérouler un passage crucial, un évènement hors norme, un portail magique… Combien en avons-nous traversés sans que rien ne se produise ? Et revoilà la déception puisque le film ne se termine pas comme tout le monde l’avait annoncé. Nous voici repartis hors de notre expérience, et encore dans le sensationnel. Ce fameux exutoire qui fait son chemin dans les publicités du monde que nous cherchons à fuir et que nous reproduisons tout de même, sous un autre nom : le Nouveau Monde.

Ne pensez-vous pas qu’il a de grandes similitudes avec celui que nous aimerions tant quitter ?

Pourtant, le « but » de la spiritualité n’est-il pas d’adoucir notre expérience terrestre en nous montrant une autre réalité, remplie d’aspirations simples et délicieuses ?

Depuis des années nous avons entendu dire que les changements étaient proches. Mais, c’est nous ces changements. Même si aucune date ne peuvent les identifier, car ils se produisent chaque jour en nous, et sans que nous fassions quoi que ce soit de particulier, à part aimer.

Toutefois, sans doute est-ce plus compliqué quand nous désirons ressembler à l’autre, acquérir des supers pouvoirs, se jouer de notre société, à vouloir que la balançoire aille plus vite et surtout plus haut….

Etre soi est le plus beau et le plus difficile des challenges qui nous est demandé. Bien que, rien ni personne ne nous l’impose. Etre soi, c’est s’aimer inconditionnellement et totalement, avec nos valeurs et nos imperfections terrestres. C’est aimer chaque partie de nous-mêmes, du corps à l’âme. C’est s’immerger complètement dans notre société, dans notre village, sur notre planète, totalement, pour ne faire qu’un avec tout. S’aimer, c’est aussi honorer notre présence précieuse, unique et fabuleusement belle. Nous sommes des êtres de toute beauté.

Et qui d’autre que nous-mêmes pourrait nous aimer autant ?

C’est ainsi que je referme cette page garnie d’un miroir. Il vous renvoie votre éclat et me fait redécouvrir le mien, afin que nous l’aimions à en perdre la raison, pour retrouver la puissance qui est en nous depuis toujours et sans fin aucune.

N’avez-vous pas lu que vous êtes le Grand Tout et qu’Il est tout Amour ? Alors, qui êtes-vous vraiment et de quoi avez-vous encore besoin pour « être » ? Si ce n’est de vous aimer tels que vous êtes venus sur ce monde d’expressions, d’expériences folles à en oublier votre Beauté infinie ! A en oublier cet enfant que vous êtes et qui s’est arrêté ici, pour jouer avec son gros ballon, qu’est la Terre….

Par Pascale Arcan

 

Les deuils successifs de notre existence

Les deuils successifs de notre existence peuvent être aussi les germes de notre croissance…

Combien de deuils faut-il inscrire dans son corps pour accepter de grandir ?

Combien de rejets et de refus faut-il essuyer pour oser se différencier ?

Combien de séparations, de pertes ou d’abandons devons-nous traverser pour, enfin, rencontrer le meilleur de soi ?

Combien de solitudes, de détresses ou de désespoirs devons-nous affronter pour exister en entier, au présent, dans un face-à-face créateur avec l’autre ?

Combien de renoncements, combien de lâcher-prise faut-il accepter pour acquérir plus d’autonomie et de liberté ?

Oui, la vie n’est qu’une succession de naissances. Pour accéder à tous nos possibles, nous aurons parfois à prendre le risque de nous séparer, de nous différencier d’êtres chers, proches. Nous aurons parfois à renoncer à des situations acquises, à des croyances ou à des certitudes.

Il nous appartiendra de trouver la bonne distance entre l’autre et nous, et entre les différents désirs qui nous habitent.

Jacques Salomé. Le courage d’être soi.
Transmis par Mirena, le 17 Décembre 2012.

Photo Mirena


Lâcher le contrôle

Depuis toujours nous contrôlons notre vie mais aussi celle des autres. Nous avons peur de lâcher, peur d’être sous l’emprise des circonstances de la vie, peur de perdre notre pouvoir, peur d’être nous-mêmes et sans tous nos repères qui forment notre existence.

Or ce contrôle qui forme une parfaite unité avec nous-mêmes et dont nous n’avons pas réellement conscience, nous oblige à bifurquer dans notre vie, à changer les directions et les opportunités qui viennent à nous, si celles-ci ne sont pas en accord avec ce que nous désirons. Et ce que nous désirons n’est pas forcément ce qui convient le mieux à notre avancement. C’est pourquoi, certaines situations se trouvent bloquées ou avancent avec difficulté.

Nous désirons certaines choses, certaines relations, certaines situations, certaines rencontres et nous nous employons à tout remuer afin qu’elles aboutissent car cela est notre vouloir. Mais nous ne voyons pas qu’en contrôlant notre vie, nous bloquons l’énergie de vie qui ne peut se dérouler et venir à nous pour nous apporter ce qui est le plus approprié à notre chemin et à notre progression intérieure. Ainsi nous forçons les choses et se positionnent alors les blocages, car nous ne sommes plus axés sur notre chemin de vie.

Bien entendu, nous avons toujours notre libre arbitre pour les choix que nous faisons. Mais il faut savoir que dans notre évolution, nous pouvons prendre le chemin le plus court mais aussi le chemin le plus long. Tout est possible. Lorsque vous partez en randonnée, plusieurs chemins s’offrent à vous. Vous pouvez prendre le plus court. Vous pouvez prendre le plus long. Certains chemins sont faciles ou difficiles. D’autres sont directs ou bien vous éloignent de votre but. Certains même peuvent vous perdre. D’autres encore sont plaisants ou déplaisants. Tout dépend du choix que nous faisons. En contrôlant ce que nous désirons, nous ne nous ouvrons pas forcément à ce que désire notre âme. Nous avons des situations à vivre pour nous re-connaître et les éloigner ne sert à rien car, tôt ou tard, elles reviendront.

Nous contrôlons également les autres. Nous établissons un pouvoir sur leur vie et nous ne les laissons pas libres d’avancer comme ils le désirent, avec leur pleine volonté de choix. Nous voulons qu’ils agissent comme nous aimerions qu’ils agissent. Nous voulons qu’ils choisissent ce que nous aimerions qu’ils choisissent. Nous voulons qu’ils prennent le chemin que nous aimerions qu’ils prennent… Car nous croyons que le meilleur pour eux dépend de ce que nous voulons. Or, nous ne comprenons pas que la vie de chacun est un territoire libre qui ne doit pas être envahi par le pouvoir de l’autre. Le chemin de chacun doit être déterminé par un choix personnel, en fonction de ce que la personne veut vivre pour avancer vers la compréhension. Nous ne pouvons influencer l’avenir de l’autre par le pouvoir du contrôle des situations et des choix de vie de chacun.

Nous devons prendre conscience de ce contrôle que nous exerçons. Nous devons comprendre que tout est à sa place et que chacun a une place bien précise dans sa propre vie. Le contrôle provoque des tensions dans le corps et l’esprit de chacun ainsi que dans les relations. Il provoque également des blocages sur les chemins de vie et nous rencontrons alors des problèmes pour avancer, des souffrances aussi. Nous ne comprenons pas que le meilleur pour notre compréhension n’est pas là où nous voulons qu’il soit.

Laissons donc notre vie se dérouler facilement en ne mettant pas d’opposition, ni de blocage. Accueillons-la avec amour et foi. Ce qui vient est le meilleur pour notre compréhension car le hasard n’existe pas. Si nous lâchons le contrôle, alors se positionneront devant nous les opportunités d’avancement. Le meilleur pour nous et pour les autres n’est pas obligatoirement ce qui nous voulons. Entrons dans cette ouverture de conscience et laissons la vie prendre les commandes de notre vie et de la vie de ceux qui nous entourent. 

Mirena, le 21 Avril 2012
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